images1403096118

Acheter Fnac_Logo.svg amazon-logo-preview
Télécharger
Ecouter
BACH Père et Fils par David Bismuth, piano

Cette fois-ci entre JS Bach et ses fils, David Bismuth propose un magnifique nouvel éclairage entre compositeurs dans son dernier disque de récital. Grande force et cohérence du parcours musical autour du discours du père, le disque permet de découvrir à quel point les trois fils ont assimilé l’héritage paternel et développé un langage musical en accord avec leur temps, créant ainsi une passerelle stylistique entre le baroque et le classique, entre Haendel, Bach père, Vivaldi et Haydn, Mozart. Passionnante découverte d’oeuvres inédites au disque (Sonate de WF) ou enregistrées qu’une seule ou deux fois.

article de la revue web ConcertoNet.com

concertonetDavid Bismuth réunit la famille Bach

Après avoir enregistré en 2009 des transcriptions d’œuvres de Jean-Sébastien Bach, David Bismuth consacre de nouveau un disque à ce compositeur, toujours chez AmeSon mais en réunissant cette fois-ci autour de lui, sous le titre «Bach Père et fils», trois de ses fils, Wilhelm Friedemann (Sonate en la mineur FK nv8, enregistrée de toute évidence pour la première fois au piano), Carl Philipp Emanuel (Sonates en si mineur Wq. 55/3 et en fa mineur Wq. 52/4) et Johann Christian (Sonate en ut mineur opus 5), le père étant représenté par la Toccata BWV 914 et la Fantaisie BWV 906. Le pianiste s’emploie à clarifier la texture, à chanter les voix intermédiaires et à articuler nettement, avec vivacité mais sans précipitation. Il développe un toucher d’une grande finesse et une sonorité de qualité supérieure. Le disque de ce musicien clairvoyant dure, certes, un peu moins d’une heure mais il s’avère fort stimulant.

article de la revue FNAC

téléchargementLa famille Bach sous les doigts de David Bismuth

Le grand public ne connait sans doute pas assez David Bismuth, alors que ce pianiste est considéré à juste titre comme un des plus doués de sa génération. Il enregistre peu, mais choisit minutieusement son programme qu’il peaufine pour livrer au public des albums à la limite de la perfection où rien n’est à jeter, où chaque note, chaque accent, chaque couleur est juste, dans une respiration naturelle et évidente, comme si tout cela coulait de source, avec la complicité technique et artistique de Florence Hermitte directrice du Label AmeSon(qui porte bien son nom).

Mine de rien David Bismuth est un perfectionniste, capable de modifier à la dernière minute un programme de concert, en fonction de l’instrument et de l’acoustique du lieu. On met souvent en avant son grand sens de l’architecture musicale et sa recherche sur les timbres. Tout cela est évident quand on l’écoute, que ce soit en disque ou en concert. Mais ce que l’on entend aussi c’est cette façon très particulière de nous guider dans la musique, de nous prendre par la main pour la parcourir avec lui. Certains grands pianistes vous exposent une œuvre et vous la rendent limpide et évidente, ce qui tient déjà pour moi d’une forme de magie. David Bismuth vous emmène l’explorer, vous y pénétrez avec lui. Le chemin est sûr, il en a écarté toutes les embûches sans en gommer les subtilités et la richesse et ça, c’est encore plus magique. Vous allez me trouver excessive et ésotérique… Mais je suis encore sur le petit nuage sur lequel David Bismuth m’a laissée à la fin de son dernier concert et l’écoute du même programme en CD (Bach, Père et fils) me permet de prolonger encore ce sentiment précieux.

Après avoir consacré un album aux transcriptions d’d’œuvres de Jean Sébastien Bach par d’autres compositeurs de l’époque romantique à nos jours (B.A.C.H.ianas et transcriptions), David Bismuth s’intéresse à Bach père et à ses trois fils. Voilà une idée originale que celle de mettre en regard la musique de Wilhelm Friedmann, Carl Philipp Emmanuel et Johann Christian avec celle de leur père Jean-Sébastien, figure tutélaire sans doute un peu écrasante et qui a parfois occulté le talent de ses fils aux yeux (aux oreilles) des mélomanes contemporains. David Bismuth présente lui-même son choix dans un court texte d’introduction : si dans ses nombreuses pièces pour clavier, Jean Sebastien Bach est l’incontournable génie de la polyphonie, ses trois fils, d’une façon plus discrète ont posé les jalons de nouvelles formes, où la mélodie domine, sans renier l’enseignement de leur père. Le choix des deux œuvres de Jean Sebastien (Toccata en mi mineur BWV 914 et surtoutFantaisie en ut mineur BWV 906), est d’ailleurs très parlant pour montrer que cette évolution favorisée par les fils est sans doute déjà en germe dans la musique du père. On glisse doucement du baroque vers le classique, un classique qui chez Johann Christian le dernier fils, préfigure déjà les débuts du romantisme.

Le jeu clair de David Bismuth, pour des pièces souvent jouées au clavecin, est mis en valeur aussi bien par le choix judicieux du piano que par la prise de son. Un très bel album qui à sa façon nous raconte une histoire, celle d’un lien filial et musical.

À défaut de son nouvel album, je vous invite à découvrir un extrait de B.A.C.H.ianas et transcriptions :

article du journal Les Echos

h15_logo_echoshome« Déjà plus avec Haendel, Vivaldi ou Bach père, […] ni tout à fait avec Haydn et Mozart. »

C’est ainsi, et à raison, que David Bismuth définit la musique des fils de Bach. Nés à la fin de l’époque baroque et grandis sous les règles du classicisme, ces compositeurs associent les deux styles dans des oeuvres aussi originales qu’attachantes. Le pianiste a donc eu l’heureuse idée de rassembler Wilhelm Friedemann (1710-1784), Carl Philipp Emanuel (1714-1788) et Johann Christian (1735-1782) autour de leur génial père sous le signe de la fantaisie. Le grand Johann Sebastian est ainsi représenté par deux pages qui semblent improvisées, rédigées d’une plume cursive (une toccata et une fantaisie), et non une de ces savantes architectures qui ont bâti sa réputation. Composées au milieu du XVIIIe siècle, les sonates des fils sont emportées par ce grand vent de liberté et de passion qui soufflait sur la musique allemande d’alors. Elles n’hésitent pas à parler à la première personne, dévoiler une sensibilité exacerbée, oser de saisissants contrastes ou se réfugier dans une mélancolie quasi romantique.

David Bismuth en restitue la fougue imprévisible et les tendres langueurs sans céder à la tentation du sensationnel ou de la pure démonstration digitale. Paradoxalement, sa maîtrise (toucher, couleur, forme) met en valeur la spontanéité et la puissance dramatique des accidents et autres surprises qui émaillent ces partitions. La réunion de famille devient ainsi une fête de la musique. Les Parisiens pourront y participer mardi prochain, le 11 mars, au Goethe Institut (www.goethe.de/paris) puisque le pianiste reprend ce programme avant de se produire avec l’orchestre de Paris le 4 avril.

Philippe Venturini

article de la revue Pianiste

logo-pianiste-1DAVID BISMUTH : AU NOM DU PÈRE ET DES FILS.

Le dernier disque du pianiste David Bismuth consacré à Bach et trois de ses fils (lire la chronique) offre un regard subtil et passionnant sur des musiciens aux écritures diverses. Entretien.

Qu’est-ce qui a provoqué chez vous cet engouement pour la « famille Bach » ?

Ce disque fait en quelque sorte écho à celui qui était sorti autour de Bach et ses transcriptions [« B.A.C.H.ianas & Transcriptions » paru en 2009 chez Ame Son]. Il s’agit là d’une façon différente de lui rendre hommage, cette fois par le biais de ses fils. J’ai voulu que l’on ait une autre approche de sa musique par ce legs direct, puisque c’est Jean-Sébastien Bach qui les a formés.

Comment avez-vous construit ce programme ?

J’ai souhaité que l’ombre du père plane au-dessus de ses fils sans être trop écrasante. C’est pour cela que je n’ai mis au cœur de ce programme que deux pièces de J. S. Bach, ni trop imposantes, ni trop longues : une Toccata et une Fantaisie. Dans la première, il y a un grand intermède lent qui est déjà préromantique. Il ouvre la voie vers les grands récitatifs de certaines sonates de Beethoven.

Dans la seconde pièce, je trouve qu’il y a aussi une force et une profondeur déjà prébeethovéniennes, comme on peut l’entendre aussi chez Carl Philipp Emanuel Bach. On retrouve d’ailleurs dans sa Sonate en fa dièse mineur une alternance abrupte entre motifs tempétueux et récitatifs mélancoliques qui révèle une véritable innovation dans le discours musical.

Carl Philipp Emanuel Bach a été le premier interprète à oser un parallèle entre l’expression du sentiment humain et la musique pure. Je suis parti de ce constat dans mon travail avant de découvrir qu’il était l’auteur du fameux traité : « Essai sur la véritable manière de jouer des instruments à clavier ». Il s’agit là de la première approche « romantique » de l’interprétation, incitant l’interprète à être le vecteur de l’émotion musicale d’une œuvre, qui n’est plus seulement composée Ad majorem dei gloriam.

Vous êtes-vous référé au traité que vous évoquez ou à d’autres pour votre interprétation ?

En fait, je n’ai pas recherché une approche trop intellectuelle de ce répertoire. J’ai écouté attentivement les quelques versions existantes de ces pièces pour finalement développer ma propre vision. J’avançais un peu à l’aveugle dans ces sonates qui ne sont quasiment pas enregistrées. Concernant Wilhelm Friedemann, mon unique référence sonore était celle du clavecin, puisqu’il s’agit ici du premier enregistrement de cette œuvre au piano.

Comment caractériseriez-vous les styles et les écritures de chaque fils ?

Pour Wilhelm Friedemann, je soulignerais une dimension vocale perceptible dans le thème si original et intemporel de la sonate : on peut presque le chanter dès la fin de la première écoute ! Cette mélodie, d’une bouleversante simplicité, aurait pu être écrite à n’importe quelle époque – pourquoi pas à l’occasion d’une musique de film ! – car elle n’est pas particulièrement caractéristique de son temps. La voix supérieure devient l’élément expressif et chantant et la main gauche forme l’accompagnement. Une voix accompagnée au piano, cela n’annonce-t-il pas Chopin ?

Concernant Carl Philipp Emanuel Bach, j’entends une espèce de bouillonnement préromantique, quelque chose de très abrupt dans les changements d’atmosphères comme chez Beethoven et Haydn.

J’ai par ailleurs choisi une sonate avec fugue de Jean Chrétien Bach, comme un clin d’œil à cette forme si chère à son père. C’est chez ce fils que je ressens le plus d’influences baroques. Son œuvre compose une sorte de trait d’union entre les univers baroque et classique.

Quelles seraient les sonates des fils de J. S. Bach jouables par un amateur de bon niveau ?

Le premier mouvement de la Sonate de Wilhelm Friedemann, l’Andante de la Sonate en si mineur de Carl Philipp Emanuel – presque un mouvement lent – ainsi que la Gavotte de Jean-Chrétien me semblent jouables à tous niveaux.

Est-ce le répertoire qui a déterminé le choix de l’instrument ?

Tout à fait ! Toutes ces œuvres sont stipulées « sonates pour clavier » ce qui signifie que les compositeurs ont peut-être anticipé ou pressenti l’évolution de la facture instrumentale. Je voulais un piano qui ait sa propre couleur sonore et ne fasse pas référence au son Steinway. J’ai donc choisi un Steingraeber que j’ai trouvé magnifique. Il m’a permis d’aborder ce répertoire avec une conception relativement neutre sans que l’on se dise dès le premier accord : « C’est un Steinway ! On a déjà entendu du Chopin dessus. » On entre dans l’œuvre sans avoir le filtre d’un instrument typé. J’espère que le résultat correspond à mon souhait.

Ce piano vous permettait-il d’avoir davantage d’harmoniques, comparables au clavecin ?

En effet. Les couleurs sonores étaient très riches, d’autant plus qu’il s’accordait parfaitement à l’acoustique du temple. Il a peut-être moins de projection que certains Steinway, mais dans ce lieu, il prenait toute son ampleur.

Enfin, quels conseils donneriez-vous aux lecteurs de Pianiste qui souhaitent travailler l’Allegro de la Petite Suite en si bémol majeur de W. F. Bach (disponible dans le magazine PIANISTE n° 85) ?

Pour jouer cette musique, il me semble tout d’abord nécessaire de s’attacher à rester dans un cadre rythmique assez strict. Il est essentiel de passer par l’écoute du son sans ajouter de rubato ou camoufler le chant sous la pédale. À défaut, la musique deviendrait mièvre. Il ne faut pas oublier les qualités du clavecin pour ne confier le jeu legato qu’aux seuls doigts.

Il convient de rester attentif aux frottements harmoniques, par la résonance d’une note qui se prolonge sur l’accord suivant. L’attention portée à la longueur de chaque son est beaucoup plus importante dans ce répertoire-là qu’elle ne l’est dans la musique romantique. L’emploi de la pédale douce est nécessaire. Elle offre une richesse de registration supplémentaire.

Enfin, il ne faut pas varier de tempo sans, pour autant, avoir un métronome en tête ! La liberté rythmique s’inscrit dans un cadre toujours bien défini. C’est un travail subtil que m’a enseigné Maria João Pires, qui connaît bien le répertoire classique et préromantique et avec laquelle j’ai travaillé plusieurs années.

DAVID BISMUTH EN CONCERT 

11 mars : concert en avant-première de la sortie du disque « Bach Père et fils »

au Goethe Institut, à Paris

6 avril : concert à l’Institut français de Londres dans le cadre du week-end « It’s All About Piano », 2e édition. Musique française : Fauré, Franck, Alkan, Saint-Saëns

9 et 10 avril : Triple Concerto de Mozart, à la Salle Pleyel, à Paris avec Adam Laloum, Emmanuel Christien, l’Orchestre de Paris, Cornelius Meister

1403095474-1-1 1403095474

Acheter Fnac_Logo.svg amazon-logo-preview
Télécharger
Ecouter
RACHMANINOFF-SAINT-SAËNS Par David Bismuth, piano

Après deux disques de musique française consacrés à des couplages de compositeurs et un disque dédié à JS Bach, ce disque est une nouvelle mise en miroir de compositeurs inattendus et inédits qui poursuit l’exploration de l’époque post-romantique, période charnière de l’histoire de la musique, chère à David.

(avec le soutien de la Fondation Safran)

Photo : Christophe Peus

1403079234

Acheter Fnac_Logo.svg amazon-logo-preview
Télécharger
Ecouter
Johann Sebastian B.A.C.H.ianas et transcriptions Par David Bismuth, piano

Très originale sélection d’œuvres du répertoire de JS Bach transcrites pour le clavier par de nombreux compositeurs au fil des siècles jusqu’à l’actuel et très réputé Karol Beffa, accompagnées d’œuvres inspirées de JS Bach ou écrites sur le thème B.A.C.H.

article de la revue Télérama

images-1-300x85La musique pour clavier de Bach oppose régulièrement les pro-clavecin aux pro-piano. Comme pour le thé (avec sucre ou sans), ou la cuisson des oeufs à la coque (directement à l’eau bouillante ou d’abord à l’eau froide), la réponse peut ne relever que du goût personnel. Mais en bon droit musicologique, le débat est vite tranché.

Pour un Bach dans son jus – c’est-à-dire le texte dans sa vraie texture (harmonique, timbrique, rhétorique) -, il faut cuisiner aux cordes pincées : la jeune génération de clavecinistes français, de Pierre Hantaï à Céline Frisch et Benjamin Alard, s’y entend à merveille. En revanche, si l’on se rappelle que Bach fut l’un des plus actifs transcripteurs de son époque – et d’abord de sa propre musique, la faisant passer d’un instrument solo à un autre ou à l’orchestre entier, d’un genre profane à une page sacrée -, alors oui à la reconversion aux cordes frappées !

Dépassant cette querelle des anciens et des modernes, l’enregistrement passionnant du pianiste français David Bismuth affiche un propos plus ambitieux: suivre, tel un fil rouge, l’écriture de Bach à travers celle de ses transcripteurs, qu’il s’agisse de compositeurs-pianistes (Liszt, Busoni), de pianistes-compositeurs (Wilhelm Kempff, Alexandre Siloti, le cousin de Rachmaninov), ou de créateurs fascinés par la rigueur contrapuntique du Cantor (Schumann tentant sur les lettres du nom de B A C H une fugue plus « bachienne » que nature !).
Chacune de ces transpositions au piano vérifie la règle qu’édictait Arnold Schoenberg, grand transcripteur lui aussi, à la tête de sa société de concerts viennoise : « La composition est au premier plan, l’instrument est seulement pris en compte, et non le contraire. » L’éventail de jubilations déployé par cette anthologie de « Bach revu et corrigé » s’étend du pur plai-sir du texte (Saint-Saëns, à partir de la cantate BWV 29) à l’ivresse renversante de l’écriture (Busoni, sur La Chaconne de la Partita pour violon seul, BWV 1004). Jouant un Stein­way moderne, aussi brillant que profond, David Bismuth y ajoute sa propre touche : la volupté de l’intelligence.

Gilles Macassar

article de la revue A Nous Paris

téléchargement-1-300x143Les récitals Bach au piano sont à la mode depuis quelque temps. S’il vaut mieux ne pas s’attarder sur le CD aussi médiatisé que surévalué d’Hélène Grimaud, l’enregistrement de David Bismuth mérite en revanche le détour.

Après de remarquables CD Franck/Fauré et Dukas/Debussy chez le même éditeur, ce pianiste discret et sensible signe un programme aussi singulier que convaincant. Des transcriptions célèbres de pages de Bach, par Busoni (la Chaconne), Kempff (la Sicilienne), Liszt, etc., forment l’essentiel d’un programme où figure aussi une réalisation récente : un superbe arrangement de l’air « Erbarme dich » de la Passion selon Saint Matthieu par le compositeur Karol Beffa. En regard de ces diverses transcriptions, des originaux de Schumann et Villa-Lobos – en hommage à Bach, forcément ! – montrent le pianiste tout aussi prodigue de couleurs et de lyrisme. Surprendre ou émouvoir ? En poète du clavier, David Bismuth fait aisément son choix: son interprétation sonne vrai.

1403096118 1403096011logo_indétendances

Acheter Fnac_Logo.svg amazon-logo-preview
Télécharger
Ecouter
César FRANCK / Gabriel FAURÉ – Œuvres pour piano par David Bismuth, piano

Premier disque de récital du pianiste David Bismuth, déjà sélectionné par la revue Pianiste comme l’un des dix jeunes pianistes les plus prometteurs de sa génération, le programme offre un parcours de musique française permettant aux meilleures œuvres de chacun des deux compositeurs de s’éclairer les unes les autres, le tout dans une acoustique et avec un piano rendant l’essence organistique de cet univers musical.

Photo : Paola Salerno

article de la revue Piano Magazine

imagesVoici l’exemple d’un projet mûrement conçu pour associer de manière homogène une volonté interprétative, un instrument soigneusement choisi et une acoustique bien enregistrée, celle du temple Saint-Pierre qui sertit les sonorités d’orgue du Prélude, Fugue et Variation de Franck fidèlement transcrit pour piano par Harold Bauer. Sur un splendide Fazioli offrant une ample résonance dans les graves et de beaux arrière-plans (on tiquera juste sur quelques aigus encore un peu crus), David Bismuth enveloppe d’une aura sonore des plans rappelant les registrations des différents claviers de l’orgue. Il trouve avec naturel la démarche agogique unifiant le Prélude, Choral et Fugue et, dans un grand respect des nuances, il évite toute grandiloquence pour privilégier la concentration et la noblesse d’une spiritualité intériorisée.

Moins connue, la Danse lente évolue sous ses doigts avec une distinction rêveuse. La partie fauréenne parcourt en trois étapes tout l’arc de la vie créatrice du compositeur. David Bismuth conduit le Nocturne n° 1 à travers un cantabile lumineux et des épisodes orageux ou rêveurs. Dans Thème et Variations, il expose le thème avec une sombre résolution puis cerne à la fois la plénitude d’une virtuosité parcourant tous les registres et la subtilité expressive d’un univers en suspension dans l’intemporel. Enfin le Nocturne n°13 se pose comme une ultime récapitulation de l’itinéraire d’un langage harmonique tourmenté passant par une section centrale que le jeune pianiste fait monter avec l’énergie du désespoir. Un programme pensé et joué selon une profonde élévation d’esprit.

Sylviane Falcinelli

1403095474 (2) 1403095474 (1) 1403095474

Acheter Fnac_Logo.svg amazon-logo-preview
Télécharger
Ecouter
Paul DUKAS / Claude DEBUSSY Sonate / Suites Pour le Piano et Bergamasque, Arabesque n° 1 par David Bismuth piano

Deuxième disque de récital du pianiste David Bismuth dans un programme d’œuvres écrites autour de 1900 mettant à nouveau en lumière l’univers de deux compositeurs français vivant à la même époque et s’appréciant beaucoup, dont l’œuvre majeure et magistrale de Paul Dukas, sa sonate, très difficile techniquement et très peu enregistrée.